Faire de la COP une avancée pour l'éducation

À l’approche de la COP31, qui se tiendra du 9 au 20 novembre en Turquie, près de trente organisations et réseaux de défense des droits de l’enfant et de l’éducation portent une ambition commune : protéger le droit d’apprendre et donner aux enfants et aux jeunes les moyens de participer à l’action climatique, en inscrivant ces priorités au cœur du nouveau plan d’action pour l’Action pour l’autonomisation climatique (ACE). Cette mobilisation internationale, dans laquelle s’inscrit la Coalition Éducation, s’appuie sur une contribution commune. Ensemble, nous appelons les gouvernements à faire de la COP31 une étape décisive pour traduire cette ambition en engagements concrets.

Le droit à l’éducation à l’épreuve de la crise climatique

Les enfants et les jeunes sont en première ligne d’une crise climatique qu’ils ont le moins contribué à provoquer. Pourtant, ils vivront avec les conséquences des décisions prises aujourd’hui bien plus longtemps que les responsables qui les prennent. Au moins 171 millions d’élèves ont subi des perturbations scolaires liées à des événements climatiques en 2025 (Unicef, 2026). Les trois quarts vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire inférieur.

Ces conséquences aggravent les inégalités existantes. Pour les adolescentes, les chocs climatiques peuvent accroître les responsabilités domestiques et de soin non rémunérées, accentuer les risques en matière de protection et créer des obstacles supplémentaires à la scolarisation. Les enfants et jeunes en situation de handicap, confrontés à la pauvreté, vivant dans des contextes de crise ou de conflit, ainsi que les enfants réfugiés, migrants et déplacés rencontrent également des difficultés accrues lorsque des catastrophes climatiques frappent leurs écoles.

L’ACE, un levier à saisir à la COP31

Inscrite dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’Action pour l’autonomisation climatique (ACE) repose sur six composantes : l’éducation, la formation, la sensibilisation du public, la participation du public, l’accès à l’information et la coopération internationale.

Les discussions sur son nouveau plan d’action offrent une occasion de reconnaître ensemble deux impératifs : apprendre à comprendre et à affronter la crise climatique, et protéger les systèmes éducatifs de ses effets. Le plaidoyer international propose pour cela quatre priorités complémentaires.

Protéger, éduquer, donner les moyens d’agir et financer

Protéger. Les établissements doivent pouvoir résister aux aléas climatiques et disposer de plans pour assurer la sécurité des élèves et des personnels ainsi que la continuité des apprentissages pendant les crises. Cette résilience doit être intégrée aux politiques nationales d’éducation et de climat.

Éduquer. L’éducation au changement climatique doit permettre de comprendre les phénomènes, mais aussi de s’y préparer et de s’y adapter. Adaptée à l’âge des élèves, concrète et attentive aux inégalités de genre, elle nécessite de former les enseignant·es et de leur fournir les ressources et l’accompagnement nécessaires.

Donner les moyens d’agir. La participation des enfants et des jeunes doit leur permettre d’influencer réellement les décisions. Leurs expériences et leurs propositions doivent nourrir les plans d’adaptation locaux, la préparation des établissements et les stratégies climatiques nationales, dans des conditions sûres, accessibles et inclusives.

Financer. Malgré son rôle essentiel dans la réponse à la crise climatique, l’éducation ne reçoit que 0,03 % des financements climatiques mondiaux (ministère britannique des Affaires étrangères et du Développement, 2022). Le nouveau plan d’action doit prévoir les ressources nécessaires à sa mise en œuvre et faciliter la mobilisation de financements climatiques pour l’éducation. 

Une dynamique de plaidoyer qui se poursuit, du national à l’international

Cette mobilisation prolonge les travaux menés depuis 2023 par la Coalition Éducation avec la CNT/EPT au Togo, la COSYDEP au Sénégal et la CN-EPT/BF au Burkina Faso, qui ont notamment nourri la note commune « Faire de l’éducation un pilier de la résilience climatique ». Après les rencontres de Lomé en mai 2026 et l’événement du 16 juin à Bonn, le plaidoyer se poursuit auprès des points focaux français de l’ACE. Courant novembre, des ateliers nationaux sont également prévus dans les pays partenaires pour porter ces recommandations et travailler à leur mise en œuvre avec les ministères chargés de l’éducation et de l’environnement, les organisations de la société civile et les organisations internationales.

Traduire les engagements en actions

À la COP31, les gouvernements doivent inscrire ces priorités dans le nouveau plan d’action ACE, renforcer ses liens avec les autres travaux de la Convention climat et améliorer la coordination entre les acteurs de l’éducation et de l’environnement.

L’enjeu est de faire de l’ACE un cadre d’action concret pour que chaque enfant et jeunes puisse apprendre en sécurité et contribuer à construire des sociétés plus justes et plus résilientes.

Article adapté du blog collectif « Making COP count for education: what children need from Action for Climate Empowerment », publié le 2 novembre 2026 sur Climate and Education et porté par treize organisations et réseaux internationaux.