À l’occasion de la reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), organisée le 23 septembre à New York, la France a annoncé une contribution de 162 millions d’euros pour les cinq prochaines années.
Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et de baisse des financements français de solidarité internationale, la Coalition Éducation salue cette annonce et le maintien d’un engagement financier conséquent de la France en faveur du PME et du droit à l’éducation. Cet engagement contribue à préserver la place de l’éducation parmi les priorités de la solidarité internationale française et à maintenir le rôle de la France comme partenaire clé de l’éducation dans le monde.
Ce montant reste toutefois nettement inférieur aux 333 millions d’euros engagés lors de la précédente reconstitution et à la recommandation portée par la Coalition Éducation, alors même que les besoins éducatifs mondiaux continuent d’augmenter. La Coalition Éducation souligne par ailleurs que cette nouvelle contribution devra être pleinement additionnelle aux financements relevant de la précédente contribution française au PME.
Cette annonce vient également reconnaître l’importance de la mobilisation collective portée par la Coalition Éducation et ses partenaires en faveur d’un engagement ambitieux pour le droit à l’éducation.
Au-delà des contributions internationales annoncées, l’une des avancées majeures de cette reconstitution réside dans les engagements pris par les pays partenaires en faveur du financement domestique de l’éducation. Les pays partenaires du PME ont ainsi annoncé 471 milliards de dollars d’engagements de financement domestique de l’éducation, correspondant à une augmentation de 32 % de leurs dépenses d’ici 2030. Ces engagements visent également à améliorer l’efficacité des dépenses éducatives, à mieux orienter les ressources vers les enfants et les jeunes qui en ont le plus besoin et à renforcer la résilience des systèmes éducatifs face aux crises.
Cette mobilisation constitue une avancée essentielle : le renforcement des ressources domestiques est au cœur d’un financement plus durable, prévisible et efficace des systèmes éducatifs et de la capacité des États à garantir durablement le droit à l’éducation.
Cette mobilisation nationale s’accompagne d’engagements internationaux. Parmi les contributions annoncées figurent notamment 270 millions d’euros de l’Allemagne, 100 millions de livres du Royaume-Uni, 100 millions d’euros du Danemark, 40 millions d’euros de l’Irlande, 30 millions d’euros de l’Italie, 25 millions d’euros de l’Espagne, 300 millions de dollars du Canada, 125 millions de dollars de l’Australie et 2 milliards de yens du Japon.
Au total, 2,1 milliards de dollars de contributions confirmées ou anticipées des pays donateurs ont été annoncés à ce stade. La campagne a également permis de mobiliser 1,4 milliard de dollars de cofinancements, dont 1 milliard de dollars auprès d’institutions de financement du développement et 400 millions de dollars auprès d’acteurs philanthropiques et du secteur privé. D’autres contributions à la campagne sont encore attendues.
La complémentarité entre ressources domestiques et financements internationaux est plus que jamais essentielle, alors que les besoins éducatifs continuent d’augmenter et que les financements internationaux consacrés au secteur se contractent. 273 millions d’enfants et de jeunes restent aujourd’hui privés d’école, tandis que le déficit de financement pour atteindre les objectifs éducatifs dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur est estimé à 97 milliards de dollars par an. Dans le même temps, les financements internationaux consacrés à l’éducation ont diminué de 8 % en 2024 - et de 15 % pour l’éducation de base - et pourraient reculer jusqu’à 30 % entre 2023 et 2027.
Cet engagement renouvelé auprès du PME doit désormais être concrétisé et sécurisé dans la durée, tout en allant de pair avec le maintien de financements bilatéraux français ambitieux en faveur de l’éducation.
Les financements multilatéraux et bilatéraux constituent deux leviers complémentaires et indispensables de la solidarité internationale en faveur de l’éducation. La contribution au PME ne doit donc en aucun cas se substituer aux financements bilatéraux dédiés à l’éducation, déjà fragilisés par les coupes budgétaires successives.
Parce que l’engagement annoncé porte sur cinq ans, sa traduction dans les cadres budgétaires et politiques français sera déterminante pour en garantir la mise en œuvre effective sur l’ensemble de la période.
La Coalition Éducation appelle ainsi la France à :
L’engagement annoncé à New York constitue une avancée importante pour le droit à l’éducation dans un contexte particulièrement contraint. Il doit désormais être concrétisé et sécurisé sur les cinq prochaines années, tout en s’accompagnant du maintien d’un engagement bilatéral ambitieux. C’est par la complémentarité de ces deux leviers, conjuguée à une mobilisation accrue des ressources domestiques, que pourront être construits des financements de l’éducation plus durables, prévisibles et à la hauteur des besoins.