À l’approche de l’événement de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), organisé le 23 septembre 2026 à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, la Coalition Éducation appelle la France à annoncer une contribution ambitieuse d’au moins 333 millions d’euros pour les cinq prochaines années, soit un engagement à la hauteur de celui pris lors de la précédente reconstitution. Dans un contexte de recul historique des financements internationaux consacrés à l’éducation et de coupes majeures dans le budget français de la solidarité internationale, ce rendez-vous constitue un test décisif de la cohérence et de la crédibilité de la France dans la défense du droit à l’éducation.
Le financement international de l’éducation traverse une crise sans précédent. Selon les dernières estimations de l’UNESCO, les financements internationaux consacrés à l’éducation pourraient diminuer de 30 % entre 2023 et 2027. Ils ont déjà reculé de 8 % en 2024, et de 15 % pour la seule éducation de base. La part de l’éducation dans les financements internationaux de coopération et de solidarité est ainsi tombée à 7,5 % en 2024, son niveau le plus bas depuis vingt ans (UNESCO).
Cette contraction intervient alors que 273 millions d’enfants et de jeunes restent privés d’école (UNESCO) et que les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur font face à un déficit annuel de financement de près de 100 milliards de dollars pour atteindre l’Objectif de développement durable n° 4 (PME). Le poids croissant de l’endettement réduit encore davantage leurs capacités d’investissement : 113 pays consacrent désormais plus de ressources au service de leur dette qu’à l’éducation (UNESCO). Les conflits, les déplacements forcés et les conséquences du changement climatique exercent parallèlement une pression croissante sur des systèmes éducatifs déjà fragilisés.
En France, la politique de solidarité internationale connaît, elle aussi, une contraction majeure. Après une réduction de 2,3 milliards d’euros en 2025, puis de 800 millions d’euros en 2026, une nouvelle baisse de 300 millions d’euros est envisagée pour 2027. Ces coupes successives réduisent considérablement la capacité de la France à développer des coopérations éducatives durables, à soutenir les systèmes éducatifs des pays partenaires et à honorer ses engagements internationaux. Elles risquent également d’accentuer le décalage entre les priorités politiques affichées et les financements effectivement mobilisés, comme le souligne l’Observatoire 2026 des financements français de solidarité internationale consacrés à l’éducation.
Principal fonds multilatéral consacré à l’éducation dans les pays à faible revenu, le PME accompagne 89 pays partenaires dans la définition, le financement et la mise en œuvre de leurs politiques éducatives. Son action contribue au renforcement durable des systèmes éducatifs publics ainsi qu’à la résilience des systèmes face aux crises et aux effets du changement climatique.
Partenaire de longue date de la Coalition Éducation et des coalitions de la société civile engagées aux niveaux national, régional et international dans la défense du droit à l’éducation, le PME soutient également leur participation à travers le programme Éducation à voix haute. Présent dans plus de 60 pays, ce programme soutient les organisations et coalitions de la société civile afin qu’elles puissent documenter les réalités vécues par les populations, contribuer à l’élaboration et au suivi des politiques éducatives, renforcer la redevabilité et porter une voix collective et structurée dans le dialogue sur les politiques éducatives Ce soutien se poursuit y compris dans les contextes les plus fragiles, marqués par les conflits, les déplacements ou le rétrécissement de l’espace civique, où la participation de la société civile est particulièrement essentielle.
Alors que les financements destinés à la société civile diminuent et que les espaces de dialogue avec les pouvoirs publics se réduisent dans de nombreux contextes, cet appui est plus indispensable que jamais : des systèmes éducatifs plus solides nécessitent à la fois des financements durables, des politiques publiques ambitieuses et une participation effective des citoyen.ne.s, des enseignant.e.s, des jeunes et des communautés concernées.
Pour sa nouvelle campagne de financement, le PME entend lever 5 milliards de dollars et mobiliser 10 milliards de dollars supplémentaires en faveur de l’éducation. Pleinement financé, il pourrait contribuer à améliorer l’éducation de près de 750 millions d’enfants dans les pays partenaires.
Lors de la précédente reconstitution du PME, la France s’était engagée à contribuer à hauteur de 333 millions d’euros pour la période 2021-2025. Cette contribution avait conforté le rôle de la France comme partenaire politique du PME et acteur engagé de la coopération éducative internationale.
Cet engagement multilatéral doit s’inscrire en complémentarité des coopérations bilatérales. La contribution au PME ne doit donc ni se substituer aux financements bilatéraux consacrés à l’éducation et à la société civile, ni compenser la diminution générale des moyens de la solidarité internationale.
Dans un contexte où plusieurs partenaires financiers réduisent ou réorientent leurs engagements, une contribution française ambitieuse permettrait de préserver les progrès accomplis, de soutenir les systèmes éducatifs les plus fragiles et d’encourager d’autres États à prendre des engagements à la hauteur des besoins.
À l’occasion de la reconstitution des ressources du PME, la Coalition Éducation appelle donc la France à :