Mission au Togo : renforcer le dialogue autour du nexus Éducation Climat et de la coopération éducative

Du 11 au 15 mai, une délégation composée de représentant·e·s de la CNT/EPT-Togo, de la COSYDEP Sénégal, de la Coalition Éducation France et de la CN-EPT Burkina Faso a effectué une mission au Togo, accueillie par la Coalition Nationale Togolaise pour l'Éducation Pour Tous (CNT/EPT-Togo). Co-construite dans une logique de coopération régionale entre coalitions de la société civile, cette mission a réuni autorités publiques, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers autour d'un objectif commun : renforcer les liens entre éducation, climat et gouvernance des politiques éducatives. Cette semaine de travail a été marquée par quatre temps forts complémentaires, illustrant à la fois les avancées, les défis et les perspectives d'action pour des systèmes éducatifs plus résilients, inclusifs et durables.

Rencontres institutionnelles et visite de terrain autour du nexus Éducation–Climat 

Le 12 mai, la délégation a rencontré la Directrice de l’Environnement ainsi que les Secrétaires généraux des ministères de l’Environnement et de l’Éducation. 

Elle s’est également rendue au Collège d’Enseignement Général (CEG) de Tsévié afin d’échanger avec la direction de l’établissement ainsi qu’avec les membres du club environnement. Ces échanges ont permis de mettre en lumière l’engagement des jeunes en faveur de la protection de l’environnement et leur rôle dans la sensibilisation de leurs pairs.

La visite a également permis de découvrir les réalisations soutenues par le ministère de l’Environnement, notamment une forêt scolaire de trois hectares créée afin de développer des zones d’ombre dans l’enceinte de l’établissement. Les participant·e·s ont également observé les travaux de réhabilitation du terrain visant à réduire les risques d’inondation auxquels l’école était confrontée.

Au-delà de cette expérience concrète, les rencontres institutionnelles ont confirmé un consensus sur l’importance du nexus Éducation–Climat. Les échanges ont toutefois mis en évidence plusieurs défis : la difficulté à intégrer davantage les questions climatiques dans les curricula scolaires, le cloisonnement institutionnel limitant la coordination entre ministères, ainsi que les conséquences des restrictions budgétaires sur les capacités d’action du secteur éducatif.

Les discussions ont également souligné la nécessité de diversifier les sources de financement, de renforcer la formation professionnelle et de promouvoir une approche davantage fondée sur les compétences que sur les seuls diplômes.

Une rencontre multi-acteurs pour renforcer l’intégration du nexus Éducation–Climat

Le 13 mai, la délégation a organisé une rencontre multi-acteurs intitulée « Vers une intégration renforcée du nexus Éducation–Climat dans les politiques et cadres de financement » dans les locaux d’Action Education Togo. 

Réunissant 17 participant·e·s issus des ministères de l’Éducation, de l’Environnement, des Solidarités, de la Protection civile, de l’Ambassade de France et de plusieurs organisations de la société civile, cette rencontre a permis d’engager un dialogue approfondi sur les enjeux du climat dans le secteur éducatif.

Les échanges ont mis en évidence un fort consensus sur le rôle essentiel de l’éducation comme levier de résilience climatique et de transformation des comportements. Les participant·e·s ont insisté sur la nécessité de mieux intégrer les enjeux climatiques dans les programmes scolaires, les pratiques pédagogiques et les dispositifs de formation.

La rencontre a également souligné l’importance de renforcer la coordination entre les ministères de l’Éducation et de l’Environnement, tout en associant davantage la société civile aux mécanismes de concertation existants.

Parmi les pistes de réflexion identifiées figuraient notamment :

  • l’intégration de l’éco-civisme dans les curricula ;
  • le développement d’approches pédagogiques plus concrètes et attractives pour les jeunes ;
  • la prise en compte des dimensions numériques et des contextes sociopolitiques ;
  • l’élargissement de l’approche aux espaces d’éducation non formelle et informelle ;
  • le renforcement des financements dédiés aux initiatives Éducation–Climat.

Les discussions ont également porté sur les opportunités de plaidoyer international, notamment dans la perspective de la Conférence de Bonn sur le changement climatique (8-18 juin 2026).

Un atelier régional avec neuf coalitions africaines autour du nexus Éducation-Climat

Les 14 et 15 mai, la délégation a animé à Lomé un atelier réunissant des représentant·e·s de neuf coalitions nationales (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Guinée, Madagascar, Niger, Sénégal, Tchad et Togo), soutenues par le programme Éducation à Voix Haute du Partenariat mondial pour l’éducation. Pendant une journée et demie, les participant·e·s se sont réunis pour approfondir leurs réflexions sur le nexus Éducation–Climat. Cette rencontre a permis de présenter les travaux menés sur cette thématique et de partager les défis rencontrés dans les différents contextes nationaux.

Trois enjeux majeurs ont émergé de manière récurrente :

  • le manque de financement ;
  • la faible priorisation politique de la question ;
  • l’insuffisance de coordination entre les secteurs concernés.

Les échanges ont été marqués par une forte implication des participant·e·s et une dynamique de travail particulièrement constructive. Les coalitions ont pu identifier des pistes d’action communes et élaborer un plan d’action collectif.

Chaque coalition s’est engagée sur une action concrète à mettre en œuvre dans son contexte national, tandis que des attentes précises ont été formulées à l’égard de la dynamique collective afin d’accompagner ces efforts.

Afin d’assurer le suivi de ces engagements, un webinaire régional sera organisé en septembre pour faire le point sur les avancées réalisées dans chaque pays.

Un dialogue sur la coopération éducative au Togo

Le 15 mai, la Coalition Éducation France et la CNT/EPT-Togo ont co-organisé un atelier sur l’alignement, l’efficacité et la durabilité des partenariats dans la coopération éducative, réunissant 25 participant·e·s issus du ministère de l’Éducation nationale, de la société civile, de l’AFD, de l’UNESCO, de Plan International Togo et d’ANCEFA.

Les discussions ont confirmé le rôle central du Plan sectoriel de l’éducation (PSE 2020-2030) comme cadre de référence pour l’ensemble des acteurs du secteur autour des enjeux d’accès, de qualité et de gouvernance.

Les participant·e·s ont souligné la nécessité :

  • de renforcer l’appropriation des cadres existants ;
  • d’améliorer les mécanismes de coordination sectorielle ;
  • de développer des espaces de concertation plus inclusifs ;
  • de mieux harmoniser les systèmes de suivi-évaluation à travers des indicateurs communs.

Le ministère de l’Éducation nationale a rappelé plusieurs priorités majeures : l’amélioration de la qualité des apprentissages, le développement de l’éducation inclusive, la réduction des inégalités territoriales, le renforcement des infrastructures éducatives et la promotion de la scolarisation des filles.

Les défis liés à la crise sécuritaire et humanitaire dans la région des Savanes ont également été largement évoqués. Les participant·e·s ont insisté sur la nécessité de développer des plans de contingence adaptés aux situations de crise, tout en renforçant les dispositifs d’apprentissage alternatifs et le soutien psychosocial.

Du côté des partenaires techniques et financiers, l’AFD a réaffirmé son alignement avec les priorités nationales tout en présentant l’évolution de son modèle d’intervention, désormais largement articulé autour de la gestion déléguée des financements du Partenariat mondial pour l’éducation.

Les échanges ont également permis d’aborder les perspectives de nouveaux mécanismes de financement, ainsi que les réflexions en cours sur la création d’un fonds commun entre partenaires techniques et financiers afin d’améliorer la coordination des interventions.

Une dynamique prometteuse pour les prochaines étapes

Cette mission a confirmé la pertinence d’une approche intégrée reliant éducation, climat, gouvernance et financement. Les différents temps d’échange ont révélé une volonté partagée de renforcer les collaborations entre institutions publiques, société civile et partenaires techniques afin de répondre aux défis croissants auxquels fait face le secteur éducatif.

Ils ont également mis en évidence la nécessité de poursuivre les efforts de coordination intersectorielle, de renforcer les financements dédiés à l’éducation et au climat et de soutenir davantage les initiatives portées par les acteurs locaux.

Les engagements pris au cours de cette semaine de travail constituent une base solide pour les prochaines étapes de mobilisation, de plaidoyer et d’action collective, tant au Togo qu’à l’échelle régionale et internationale. Dans un contexte de contraction des financements de la solidarité internationale et de fortes contraintes budgétaires pesant sur les systèmes éducatifs, les échanges ont également souligné l'urgence de défendre l'investissement dans l'éducation et de développer des solutions de financement innovantes, durables et adaptées aux défis croissants liés aux crises climatiques, sociales et sécuritaires. 

 

Cette mission a été réalisée avec l'appui du programme Education à Voix Haute du Partenariat mondial pour l'éducation.