Conférence de Bonn : cinq coalitions éducation appellent à placer l'éducation au coeur de l'action climatique

Alors que s’ouvre la Conférence de Bonn sur le changement climatique (8 au 18 juin), les coalitions éducation du Burkina Faso, de Madagascar, du Sénégal, du Togo et de la France publient leur note de positionnement commune « Faire de l’éducation un pilier de la résilience climatique », visant à placer le nexus Éducation-Climat au cœur des politiques publiques et des financements internationaux.

Cette publication est l’aboutissement de plus de trois années de travail collectif mené par les cinq coalitions partenaires : la Coalition Éducation France, la COSYDEP (Sénégal), la CN-EPT/BF (Burkina Faso), la CNT/EPT (Togo) et la CONAMEPT (Madagascar). Depuis 2023, cette dynamique a permis  de collecter des données de terrain, d’organiser de nombreux webinaires, ateliers techniques et consultations multipartites, ainsi que plusieurs réunions institutionnelles avec les autorités publiques et les acteurs de l’éducation et de l’environnement.

L’éducation, victime et solution face à la crise climatique

L’urgence climatique constitue l’un des plus grands défis de notre époque. Pourtant, un levier essentiel de résilience demeure encore largement sous-exploité : l’éducation.

Les systèmes éducatifs sont parmi les premières victimes des dérèglements climatiques. En 2024, 242 millions d’élèves dans 85 pays ont vu leur scolarité perturbée par des événements climatiques extrêmes. Inondations, sécheresses, cyclones ou vagues de chaleur entraînent la destruction d’infrastructures scolaires, l’interruption des apprentissages et l’augmentation des risques de décrochage scolaire.

En même temps, l'éducation est également un levier clé de la solution : elle permet de développer les connaissances, les compétences et les comportements nécessaires pour comprendre les enjeux climatiques, prévenir les risques, renforcer l’adaptation des communautés et construire des sociétés plus résilientes. 

Cette reconnaissance est portée au niveau international par lAction pour l’Autonomisation Climatique (ACE), fondée sur la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et renforcée par l’Accord de Paris, qui fait de l’éducation un levier essentiel de l’action climatique. » 

Trois ans de mobilisation collective

La note publiée aujourd’hui s’appuie sur les résultats d’un important travail de diagnostic mené dans les quatre pays partenaires africains, ayant donné lieu à un rapport. Les études réalisées ont permis d’analyser les réalités de l’éducation à l’environnement et au développement durable, tant dans l’enseignement de base que dans la formation professionnelle.

Au-delà de la production de données, cette démarche a favorisé un dialogue continu entre organisations de la société civile, institutions publiques, enseignant.e.s, chercheurs, partenaires techniques et financiers. Plusieurs webinaires régionaux, rencontres institutionnelles et espaces de concertation ont contribué à construire une vision commune et à identifier des recommandations partagées.

Des constats préoccupants

Les travaux menés révèlent plusieurs défis majeurs.

L’éducation à l’environnement et au développement durable demeure insuffisamment priorisée dans les politiques éducatives et bénéficie de moyens financiers insuffisants. Les besoins en formation et en ressources pédagogiques restent considérables. De nombreu.x.ses enseignant.e.s déclarent manquer d’outils, de temps ou de formations adaptées pour intégrer efficacement les enjeux climatiques dans leurs pratiques pédagogiques.

Par ailleurs, la résilience des systèmes éducatifs est encore insuffisamment prise en compte dans les plans nationaux d’adaptation au changement climatique et dans les politiques sectorielles de l’éducation. Les mécanismes de coordination entre les secteurs de l’éducation, de l’environnement, de la protection sociale ou encore des finances demeurent souvent fragmentés.

Enfin, alors que l’éducation est un levier essentiel de l’action climatique, elle continue de recevoir une part extrêmement faible des financements climatiques internationaux.

Un appel à l’action d’ici 2028

Face à ces constats, les cinq coalitions appellent les gouvernements et la communauté internationale à faire du nexus Éducation-Climat une priorité politique et budgétaire.

Elles recommandent notamment l’intégration de la résilience des systèmes éducatifs dans les plans sectoriels de l’éducation et les stratégies climatiques nationales, l’institutionnalisation de l’éducation à l’environnement et au développement durable dans les curricula et la formation des enseignants, la création de lignes budgétaires dédiées ainsi que le renforcement de la coordination entre les différents secteurs concernés.

Présentation de la note au Sommet de Bonn

À l’occasion du Sommet de Bonn, les cinq coalitions porteront ces recommandations auprès des décideurs internationaux et présenteront officiellement leur note de positionnement « Faire de l’éducation un pilier de la résilience climatique » lors d’un side event organisé le 16 juin de 16h30 à 17h45 en salle Berlin.

Cette rencontre réunira des représentants de la société civile, des institutions publiques et des partenaires internationaux afin d’échanger sur les moyens de mieux intégrer l’éducation dans les politiques climatiques et de renforcer les investissements en faveur de systèmes éducatifs résilients.

Les informations relatives à cet événement sont disponibles sur le programme officiel des sessions de Bonn (UNFCCC)

Faire de l’éducation un investissement pour le climat

À l’heure où la communauté internationale se prépare à accélérer son action face à l’urgence climatique, les cinq coalitions rappellent qu’aucune transition juste et durable ne pourra être menée sans investissement massif dans l’éducation.

Former les citoyen.ne.s, les professionnel.le.s et les décideurs est une condition indispensable pour renforcer la résilience des communautés, réduire les vulnérabilités et construire des sociétés capables de faire face aux défis climatiques à venir.

La note « Faire de l’éducation un pilier de la résilience climatique » constitue ainsi une contribution collective aux discussions internationales et un appel à reconnaître pleinement l’éducation comme un pilier essentiel de l’adaptation, de la résilience et de la justice climatique.

Cette publication a été réalisée avec l’appui du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la France ainsi que du programme Éducation à Voix Haute du Partenariat mondial pour l’éducation.