Éducation équitable

L’éducation inclusive et équitable permet d’assurer l’accès à l’école et à un enseignement de qualité à tous, sans exclure quiconque, quels que soient le niveau de revenu, le sexe, l’origine ethnique et les besoins de la personne.

Pendant des années, les écoles n’étaient pas mixtes. Les garçons et les filles n’étaient pas dans les mêmes classes. Les personnes issues de minorités et les personnes en situation de handicap étaient souvent exclues des établissements scolaires et de formation. Les systèmes éducatifs étaient loin d’être égalitaires et inclusifs avec un accès à l’apprentissage ségrégé et discriminatoire.

En 1990, lors de la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous à Jomtien (Thaïlande), les nations du monde entier réaffirmaient en s’appuyant sur la Déclaration universelle des droits de l’homme que « toute personne a le droit à l’éducation », et s’engageaient à lutter contre les inégalités scolaires. Le début des années 2000 semblait prometteur avec le plan Education pour Tous issu du forum de Dakar. Cependant, en 2015 les objectifs fixés à Dakar, et notamment ceux d’un « enseignement primaire universel » d’une « égalité entre les sexes » n’avaient pas été atteints.

Aujourd’hui, la mixité des établissements d’apprentissage s’est généralisée. Toutefois, même si elle apparait comme un progrès en vue de l’égalité scolaire – mêmes cursus, mêmes enseignants, mêmes conditions d’enseignement, mêmes diplômes - elle n’empêche pas les pratiques discriminantes dans de nombreux pays, vis-à-vis des filles et d’autres groupes d’individus. Alors qu’un nombre sans cesse plus grand d’élèves accèdent à l’éducation, beaucoup sont encore laissés au bord du chemin. En 2015 selon l’UNESCO 58 millions d’enfants demeurent exclus de l’école.

Les disparités entre les genres se creusent à chaque cycle du système d'éducation. D’après le rapport sur l'égalité des genres, élaboré par le Rapport mondial de suivi sur l'EPT de l'UNESCO, les filles représentent 60% des non-scolarisés dans les Etats Arabes, contre 57% en Asie du Sud et de l'Ouest et 54% en Afrique subsaharienne. De plus, lorsque les filles tentent de mener des scolarités longues, elles sont souvent victimes de violences de genre et notamment dans les pays pauvres.

Par ailleurs, « dans de nombreux pays européens, le taux d’abandon scolaire des enfants issus de familles immigrées ou de groupes minoritaires, tels que les Roms, est le double, au moins, de celui des écoliers appartenant à la majorité ethnique » a déclaré Nils Muižnieks, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe. Dans les pays pauvres, les enfants en situation de handicap et issus de minorités sont encore trop souvent scolarisés séparément – lorsqu’ils sont scolarisés – car les établissements n’ont pas prévu un soutien adéquat pour les intégrer pleinement dans le système d’enseignement général. De plus, ils sont confrontés à l'attitude négative qui leur est réservée et le manque de conscience de leurs droits et besoins. 90% des enfants handicapés vivant dans les pays en développement ne vont pas à l’école (UNESCO).

Ces situations qui touchent souvent les pays les plus pauvres remettent en cause le droit à l’éducation de populations déjà vulnérables et exposées au risque de marginalisation. L’instruction est l’un des leviers d’équité sociale les plus puissants. A l’inverse une discrimination persistante et la marginalisation sociale dans le contexte éducatif sont les principales causes d’un important déficit en matière  d’inclusion et d’équité sociale.

L’une des raisons  de telles situations est que de nombreux pays en développement font face à l’absence de politiques volontaristes et de moyens financiers adéquats pour lutter contre les discriminations et offrir une éducation de qualité à toutes et tous.

L’objectif de développement durable consacré à l’éducation (ODD 4) – « assurer l'accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d'égalité, et promouvoir les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie » – adopté en septembre 2015, est une opportunité pour les gouvernements de faire avancer l’éducation inclusive et équitable, en s’assurant que les systèmes éducatifs, les pratiques scolaires et extrascolaires et les ressources soient orientées en faveur de cet objectif.

Les avancées réalisées au cours des 15 dernières années montrent que le changement est possible. Selon le Rapport mondial de suivi sur l’EPT, le nombre d’enfants non scolarisés a diminué de près de 34 millions entre 2000 et 2015. 62 pays ont atteint l'objectif de la parité entre les sexes aussi bien dans l'éducation primaire que dans l'éducation secondaire et le nombre de filles exclues de l’école a diminué de 52 millions. La notion d’éducation inclusive progresse et fait évoluer positivement les comportements chez les parents et les enseignants, ainsi qu’au sein des communautés.

Une éducation offrant l’égalité des chances aux filles et aux femmes, aux personnes en situation de handicap, aux migrants et aux minorités est cruciale. Elle aiderait à réduire les taux d’échec scolaire, de décrochage scolaire et d’adultes marginalisés peu qualifiés, concourrait à une société plus juste, et renforcerait la cohésion et la confiance sociale.

Nos recommandations : 

Les systèmes éducatifs doivent :

  • Garantir l’égalité d’accès, sans discrimination, à tous les établissements scolaires et de formation ;
  • Garantir que les établissements scolaires et de formation soient dotés d’outils adaptés et que les enseignants soient formés à la question de l’inclusion.


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