Paris, le 24 janvier 2026 – À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, la Coalition Éducation tire la sonnette d’alarme. Alors que l’instabilité mondiale s'accroît et que les besoins explosent, le financement de l’éducation recule dangereusement. Sans action politique et budgétaire immédiate, nous risquons une « décennie perdue » pour toute une génération d’enfants et de jeunes.
En 2026, entre la menace de nouvelles coupes dans l’aide publique au développement, la remise en cause de la solidarité internationale et la multiplication des crises, l’éducation dans le monde traverse un tournant critique. Les projections sont alarmantes : l’aide à l’éducation pourrait chuter de 25 % d’ici 2027, privant potentiellement 6 millions d’enfants supplémentaires de leur droit à l’école.
Dans ce contexte, la Coalition Éducation rappelle que l’éducation ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire.
Socle de la réalisation de tous les droits humains et levier essentiel pour le développement des sociétés, la paix et la cohésion sociale, l’éducation doit être réaffirmée comme une priorité politique et budgétaire par l’ensemble des États.
Pour rappel, le coût des crises éducatives est déjà vertigineux : l’UNESCO estime à 10 000 milliards de dollars par an le coût mondial de la déscolarisation et des lacunes éducatives. Si l’éducation venait de nouveau à reculer, les conséquences seraient dramatiques : des millions d’enfants et de jeunes - et en particulier des filles - en paieraient le prix fort sur plusieurs générations.
L’arrêt des projets et programmes survenus après ces coupes budgétaires a été fortement ressenti par les enfants et les communautés. Ce sont des projets qui ciblaient des zones vulnérables et adressaient des questions sensibles : langues nationales, éducation inclusive, enfants à besoins éducatifs spéciaux, zones frontalières.
Cheikh Mbow, Directeur Exécutif de la Cosydep Sénégal
Les coupes budgétaires au Burkina Faso ont eu des conséquences assez négatives sur le respect du droit à l’éducation, surtout pour les enfants handicapés et les enfants en situation d’urgence. Il y a du matériel pédagogique qui devait être acheté pour les enfants handicapés, ça n’a pas pu l’être. Il y a l’alimentation scolaire pour les élèves déplacés internes qui a aussi subi un coup.
Tahirou Traoré, Coordinateur de la Coalition nationale pour l’éducation pour tous du Burkina Faso
Face au tarissement des fonds publics, les appels aux financements privés ou dits « innovants » se multiplient. La Coalition Éducation rappelle qu’ils ne doivent pas servir d’alibi au recul des engagements publics et qu’ils doivent rester pleinement alignés sur le droit à l’éducation. Toute décision de financement doit être évaluée à l'aune des Principes d’Abidjan, afin de prévenir la marchandisation de l'éducation et l'aggravation des inégalités.
Conformément à l’Appel à l’action sur le financement de l’éducation du Sommet sur la transformation de l’éducation, il est essentiel d’agir sur les déterminants structurels de l’espace budgétaire (fiscalité, soutenabilité de la dette, politiques d’austérité). La future Convention-cadre des Nations unies sur la fiscalité prévue pour 2027 constitue à cet égard une opportunité majeure pour avancer vers une mobilisation plus juste et durable des ressources.
Alors que l’année 2026 sera ponctuée d’échéances majeures - notamment la présidence française du G7, les reconstitutions de Fonds mondiaux pour l’éducation (Partenariat mondial pour l’éducation et Education Cannot Wait) et face à l’urgence, la Coalition Éducation appelle la France et la communauté internationale à agir dès maintenant et :